mardi 11 septembre 2018

Forge chez Dominique Bargiel

Je viens d'avoir la chance de passer cet été quelques jours chez Domi et Sylvie, où j'ai pu me ressourcer, en bon aveyronais "expatrié" que je suis.

Au programme, sans parler d'une remise à jour culinaire obligatoire et de franches rigolades, c'était la leçon de trempage de 4 katanas en acier XC70 en 45 min chrono, du corroyage de lopin d'acier par Dominique, et puis pour moi forge et trempage d'un wakizashi, sous son oeil bienveillant.

Yaki ire, ou trempage d'un katana.


Séchage de la gangue d'argile recouvrant de façon sélective la lame d'un futur katana.
Bac de charbons ardents avec soufflerie sur tout le long, pour une chauffe rapide et homogène de la lame.
Trempe à l'eau puis à l'huile. Mélange d'huile de transmission et d'huile de coffrage (consistance assez épaisse).
J'ai fait une vidéo, mais malheureusement elle est trop longue et volumineuse pour être publiée ici.

Forge et trempe d'un wakizashi.
Ca me brûlait depuis très longtemps, que de pouvoir apprendre l'espace de quelques jours avec Dominique à forger une lame. Je n'avais jamais osé le lui demander. Là, je crois que j'étais suffisamment "à point" pour le faire.
Et il a tout simplement accepté, du coup je me suis senti comme un labrador qui se pisserait dessus en couinant (= trop content et surexcité).
Il m'a proposé de choisir entre ventilation manuelle ou ventilation électrique, et de forger à la main ou au marteau-pilon, j'ai opté pour le tout manuel, parce que je voulais commencer par le basique.
Un morceau d'XC70 choisi par ses soins, on a descendu du grenier trois sacs de charbon, et la forge était allumée. Dominique me met dans la main un modèle de sunobé forgé dans une barre à mine, qui lui sert de gabarit. Il m'invite à suivre ce modèle pour étirer et mettre en forme le barreau d'acier.


Au début ça ne ressemble pas à grand chose, mais je ne m'en inquiète pas.
Là, y a un début.
Après la forge, je dessine sur la lame un hamon que j'aimerai bien obtenir...
Limage du tranchant et du iori mune (dos à deux facettes).
 Rectification des facettes. C'est là qu'on voit l'irrégularité des coups de marteaux !


On y est presque.

Ca y est les faces sont relativement ordonnées. Ce qui n'est pas pris en photos, c'est la pose de l'argile et le moment de la trempe. Impossible de faire les deux choses à la fois, photos et travail, j'avais les mains dans la pâte !!
Ensuite, enlèvement de la calamine à la meule tournante.

Et voilà. La grande lame est forgée par Dominique, et la petite c'est la mienne.

Rendez-vous la prochaine fois avec le polissage des deux lames, vous pourrez voir ce qu'a donné la trempe. J'en ai eu un aperçu après le trempage, avec une petite révélation au perchlorure de fer, mais je préfère maintenir le suspens.

vendredi 29 septembre 2017

Des marionnettes sorties de leur boîte


Je profite d'un réaménagement de l'atelier pour ressortir de leurs boîtes mes premières marionnettes, que j'avais fabriqué il y a 17 ans. C'était pour mon projet de fin d'études en arts appliqués, axé sur la marionnette et le cinéma.


Les têtes et mains sont en mousse de latex, le corps en résine polyester et fibre de verre cirée, et les membres en épicéa ciré. Articulations en cuivre, ressort acier et tiges en aluminium recuit.





Avec le temps certains éléments comme la tête ci-dessus et les mains dans les premières photos au souffert du temps; la mousse de latex, mal protégée, s'est transformée en biscotte et part en poussière. Heureusement les trois autres têtes sont toujours souples et n'ont pas craquelé.
J'essaye de recomposer avec les éléments en bonne santé un nouveau personnage, mais il va me falloir retirer des mains; heureusement que j'ai encore les moules planqués quelque part...


lundi 28 août 2017

Saya pour un nagamaki naoshi, 3ème partie.

C'est l'aboutissement d'une longue période de travail, qui est parfois pleines de bonnes et de mauvaises surprises.
Il s'agit de la troisième phase du travail d'un fourreau, qui consiste au laquage et aux finitions du fourreau.
Par laquage, il faut y entendre la création d'une peau sur le bois, qui imperméabilise le tout, qui empêche également les deux coques de bois de se réouvrir, et qui donne une ou plusieurs couleurs faisant décor avec le reste de la monture.
Le laquage de fourreau de sabre n'est en aucun cas qu'une histoire de peinture pour "faire joli".



La question du médium utilisé rentre aussi en ligne de compte, est-ce qu'il est préférable d'employer de l'urushi (la laque naturelle japonaise), de la laque de cachou, ou une autre laque de substitution ? A chaque fourreau, qu'il soit à créer, à restaurer, ou simplement réparer, la question se pose à chaque fois pour moi.



Ici c'est une création de fourreau pour un sabre ancien qui n'en avait plus. J'ai opté pour l'urushi, pour la recherche de cohérence avec le reste de la monture, et puis j'aime sa température qui reste fraîche longtemps au toucher.



C'est aussi la plus longue des procédures de laquage, mais c'est celle que je préfère en terme de résultat et de durabilité. Par contre il ne faut jamais oublier que c'est celle qui peut poser des problèmes d'irritations avec la peau et d'allergie, car cette laque est issue de la sève d'un arbre qui s'appelle "Sumac vénéneux".



Et j'ai beau en faire depuis 10 ans, je finis toujours par me faire avoir à un moment ou à un autre, et là je me paye pour la fin du travail une belle plaque de petits boutons sur l'avant-bras qui plaquait le fourreau au moment des ajustements finaux ! La laque avait beau être sèche au toucher et apte au ponçage, je ne me suis pas protégé plus que les mains pendant le travail, en me disant que c'était bon.
Hé, hé, hé...



Hé bah non !
La transpiration a fait émulation avec les particules résiduelles du ponçage restées sur le fourreau. Mais bon, ça a déjà été bien pire que ça. Un peu de crème pour les brûlures, et ça finit par s'en aller...
Je vous épargne de la photo de mon avant bras.