dimanche 6 janvier 2019

Tsukamaki

Plusieurs travaux réalisés ou en cours.


Tsukamaki de deux katanas, tressés en nubuck (cuir poncé) marron et vert foncé en alternance. Tresse en morohinerimaki, menuki placés dans le style de l'école des deux pratiquants, qui sont aussi mari et femme.


Avant de pouvoir fabriquer une nouvelle tsuka, je m'assure que l'ensemble des éléments soient ajustés correctement. D'abord l'habaki, ensuite la première seppa, puis la tsuba suivi de la deuxième seppa. 


Ici sur la tsuba, réalisation de sekigane (cales de cuivre qui viennent toucher le coté Ha et le côté mune sur le nakago (la soie) de la lame.



Poignée en magnolia conçu non pas sur mesure, mais au contact de la lame.
Rien ne doit bouger. La lame doit pouvoir rentrer seule dans la poignée, pas de rentrée en force. Seul un coup avec le plat de la main sur le kashira (ou avec un léger tapotement avec un maillet souple) doit pouvoir la caler au fond de son logement.




Samé enveloppant sur des tsukas, destinées à la pratiques des arts martiaux.


Préparation du placement régulier du ito, galon de tissu (soie ou coton) par marquage des endroits précis de son emplacement. Les deux noeuds finaux, qui sont différents sur une face et l'autre, doivent être à leur bonne place.


Première forge de l'année

Première lame forgée de l'année, trempée et affûtée, avec son habaki en cuivre, réalisée le premier janvier 2019. Nagasa 83mm et 3/10 °. Et ça coupe ! Maintenant il faut que j'attaque le koshirae et le mekugi, on va rigoler! Diamètre du mekugi ana, 1 mm.
Temps de fabrication de la lame: 2 heures. Habaki: 45 min.
Sans l'avoir prémédité, le rapport largeur et longueur de lame, donne plutôt la reproduction d'un nodachi au 1/20°.

Ci dessous, début de fabrication du saya en magnolia.



mardi 11 septembre 2018

Forge chez Dominique Bargiel

Je viens d'avoir la chance de passer cet été quelques jours chez Domi et Sylvie, où j'ai pu me ressourcer, en bon aveyronais "expatrié" que je suis.

Au programme, sans parler d'une remise à jour culinaire obligatoire et de franches rigolades, c'était la leçon de trempage de 4 katanas en acier XC70 en 45 min chrono, du corroyage de lopin d'acier par Dominique, et puis pour moi forge et trempage d'un wakizashi, sous son oeil bienveillant.

Yaki ire, ou trempage d'un katana.


Séchage de la gangue d'argile recouvrant de façon sélective la lame d'un futur katana.
Bac de charbons ardents avec soufflerie sur tout le long, pour une chauffe rapide et homogène de la lame.
Trempe à l'eau puis à l'huile. Mélange d'huile de transmission et d'huile de coffrage (consistance assez épaisse).
J'ai fait une vidéo, mais malheureusement elle est trop longue et volumineuse pour être publiée ici.

Forge et trempe d'un wakizashi.
Ca me brûlait depuis très longtemps, que de pouvoir apprendre l'espace de quelques jours avec Dominique à forger une lame. Je n'avais jamais osé le lui demander. Là, je crois que j'étais suffisamment "à point" pour le faire.
Et il a tout simplement accepté, du coup je me suis senti comme un labrador qui se pisserait dessus en couinant (= trop content et surexcité).
Il m'a proposé de choisir entre ventilation manuelle ou ventilation électrique, et de forger à la main ou au marteau-pilon, j'ai opté pour le tout manuel, parce que je voulais commencer par le basique.
Un morceau d'XC70 choisi par ses soins, on a descendu du grenier trois sacs de charbon, et la forge était allumée. Dominique me met dans la main un modèle de sunobé forgé dans une barre à mine, qui lui sert de gabarit. Il m'invite à suivre ce modèle pour étirer et mettre en forme le barreau d'acier.


Au début ça ne ressemble pas à grand chose, mais je ne m'en inquiète pas.
Là, y a un début.
Après la forge, je dessine sur la lame un hamon que j'aimerai bien obtenir...
Limage du tranchant et du iori mune (dos à deux facettes).
 Rectification des facettes. C'est là qu'on voit l'irrégularité des coups de marteaux !


On y est presque.

Ca y est les faces sont relativement ordonnées. Ce qui n'est pas pris en photos, c'est la pose de l'argile et le moment de la trempe. Impossible de faire les deux choses à la fois, photos et travail, j'avais les mains dans la pâte !!
Ensuite, enlèvement de la calamine à la meule tournante.

Et voilà. La grande lame est forgée par Dominique, et la petite c'est la mienne.

Rendez-vous la prochaine fois avec le polissage des deux lames, vous pourrez voir ce qu'a donné la trempe. J'en ai eu un aperçu après le trempage, avec une petite révélation au perchlorure de fer, mais je préfère maintenir le suspens.

vendredi 29 septembre 2017

Des marionnettes sorties de leur boîte


Je profite d'un réaménagement de l'atelier pour ressortir de leurs boîtes mes premières marionnettes, que j'avais fabriqué il y a 17 ans. C'était pour mon projet de fin d'études en arts appliqués, axé sur la marionnette et le cinéma.


Les têtes et mains sont en mousse de latex, le corps en résine polyester et fibre de verre cirée, et les membres en épicéa ciré. Articulations en cuivre, ressort acier et tiges en aluminium recuit.





Avec le temps certains éléments comme la tête ci-dessus et les mains dans les premières photos au souffert du temps; la mousse de latex, mal protégée, s'est transformée en biscotte et part en poussière. Heureusement les trois autres têtes sont toujours souples et n'ont pas craquelé.
J'essaye de recomposer avec les éléments en bonne santé un nouveau personnage, mais il va me falloir retirer des mains; heureusement que j'ai encore les moules planqués quelque part...